
Ceux qui suivent le blog depuis un moment se souviennent sûrement de ma série « Maxi Best-Of Nutanix CLI« . J’adorais l’écrire, et visiblement, elle a été utile plus d’une fois à certains d’entre vous. Mais avec la fin annoncée de la connexion SSH sur les clusters Nutanix, fini de lancer PuTTY pour se connecter en SSH sur une CVM (Controller VM) et taper nos commandes ncli ou du acli comme bon nous semble. Aujourd’hui, avec l’avènement des architectures Zero Trust et les exigences de conformité STIGs (Security Technical Implementation Guides du DoD américain), le verrouillage des accès bas niveau n’est plus une option de paranoïaque : c’est le standard de production.
Pourquoi l’API devient le seul maître à bord ?
Soyons très clairs : l’API REST c’est le nouveau couteau suisse indispensable de l’admin.
Cela avait commencé avec le durcissement progressif de nos infrastructures et notamment le cluster lockdown, mais la sentence est officiellement tombée fin janvier 2026 : Nutanix acte la fin de vie (EOSL) du « Bash Shell Access ». La raison est évidente. Laisser un accès Bash direct et sans restriction à l’OS sous-jacent (que ce soit sur AOS, AHV ou encore Prism Central) est devenu un non-sens absolu pour garantir la sécurité, l’auditabilité et la pérennité du support.
Voici la chronologie présentée dans le document :
- Sous AOS 7.0 à 7.5, on a commencé à voir des avertissements à la connexion, l’apparition d’une alerte d’info prévenant de la désactivation de l’authentification SSH par mot de passe et des options pour désactiver SSH manuellement.
- Dès la prochaine release majeure NCI, le Bash sera désactivé par défaut. À la place : un « SSH Service Menu » ultra-bridé permettant de lancer quelques commandes
acli/ncliafin de pouvoir faire du troubleshooting de base. - Et pour fin 2026 ? Le « SSH Service Menu » est en place, le bash shell est désactivé, mais peut être réactivé en mode « Support-Only » via un jeton temporaire fourni lors du traitement d’un ticket avec le support Nutanix.
Le seul point d’entrée officiel, tracé et complet pour interagir avec l’infrastructure en ligne de commande devient l’API.
Que ce soit l’API Prism Element (v2.0) sur un cluster isolé, ou l’API Prism Central (v3/v4) pour le management multi-cluster, il n’y a plus d’échappatoire : il faut s’y mettre.
La boîte à outils des API
Avant de pouvoir effectuer des requêtes API vers nos clusters, il faut s’équiper.
Au quotidien, j’oscille entre deux outils de prédilection : Curl quand j’ai un terminal Linux/WSL sous la main (rapide, brut, scriptable), et Postman quand j’ai besoin d’explorer visuellement les APIs Nutanix.
Si votre poste de travail n’est pas encore prêt, je vous renvoie directement vers l’article dédié que j’ai déjà rédigé à ce sujet : Configurer son PC Windows pour interroger les APIs Nutanix (WSL & Postman).
Cependant, même bien outillé, je vois régulièrement des admins s’arracher les cheveux sur leurs premières requêtes Prism Element à cause de deux détails cruciaux.
Le certificat SSL : Par défaut, un cluster Prism Element utilise un certificat auto-signé. Si vous lancez une requête standard, elle sera violemment rejetée. Le réflexe terrain ? Toujours rajouter le flag
-k(ou--insecure) dans vos commandescurl, et penser à désactiver l’option SSL certificate verification dans les settings de Postman.L’authentification : L’API Prism Element v2.0 repose sur du Basic Auth. Evitez de passer vos identifiants en clair dans l’URL de votre requête (du style
https://admin:MonSuperPass@IP...). Ça finit inévitablement en clair dans l’historique ou les logs. Sous Postman, utilisez les variables d’environnement !

Explorer l’API avec le REST API Explorer intégré
Combien de fois vous êtes vous pris la tête en cherchant la bonne syntaxe dans un PDF de documentation de 500 pages ? Avec Nutanix, oubliez ça. La meilleure documentation n’est pas sur le portail de support, elle est directement embarquée dans votre cluster.
Prism Element intègre nativement une interface appelée REST API Explorer. Pour y accéder, c’est très facile : connectez-vous à l’interface web de votre cluster, cliquez sur votre nom d’utilisateur en haut à droite, puis sélectionnez REST API Explorer. Vous pouvez aussi taper directement l’URL : https://<CVM_IP>:9440/api/nutanix/v2/api_explorer/index.html.
La vraie puissance de ce Swagger, ce n’est pas juste de lister les endpoints (GET /cluster, POST /vms…). C’est sa capacité à coder pour vous ! Remplissez les champs requis dans l’interface et cliquez sur le bouton « Try it out! ». Non seulement l’interface exécute la requête et vous affiche le JSON de réponse brut, mais surtout, elle génère la commande curl complète et parfaitement formatée. C’est le hack absolu pour gagner du temps et éviter les erreurs de syntaxe.

Conclusion
Je ne vous le cache pas, passer du CLI à l’API REST m’a demandé un petit effort d’adaptation. Au début, j’ai tâtonné, j’ai râlé contre un header mal formaté ou un JSON capricieux. Mais une fois le cap franchi, cela devient presque naturel. L’API vous ouvre les portes de l’automatisation à grande échelle et de l’intégration continue. En revanche, vous ne pourrez malheureusement pas retrouver des équivalents à toutes les commandes CLI…
Dans le prochain article de cette série, on va rentrer dans le vif du sujet. Fini la théorie, on va attaquer la pratique avec notre premier cas d’usage concret : La vérification complète de l’état de santé d’un cluster.





